Twitter supprime l’une des vidéos de Donald Trump

Pour la troisième fois en l’espace de quelques jours, Twitter s’en prend à un tweet du président des États-Unis. Le réseau social a retiré une vidéo publiée par Donald Trump pour violation de droits d’auteur.

Twitter n’a pas peur des menaces de Donald Trump et le fait savoir. Après avoir « fack-checké » des propos du président américain sur le vote à distance et ajouté une mention sur leur non-exactitude, le réseau social s’en est pris la semaine dernière à un tweet du locataire de la Maison-Blanche appelant à la violence. Cette décision n’a pas plu à Donald Trump qui a immédiatement signé un décret visant à encadrer les réseaux sociaux… sans effet pour l’instant. En effet, Twitter vient de supprimer une vidéo du président américain pour non respect des droits d’auteur. L’intéressé n’a pas encore réagi.

D’une durée de 3 minutes et 45 secondes, la vidéo publiée par les équipes de Trump montrait des images des manifestations sur fond d’un discours du président américain. Le problème, c’est que les équipes du président-candidat ont utilisé ces images sans autorisation, ce qui n’a pas plu à Twitter. « Nous réagissons à une plainte concernant les droits d’auteur qui nous a été adressée par l’un des ayants droit ou par l’un de ses représentant » explique le réseau social. Sur d’autres plates-formes comme YouTube, la vidéo n’a pas été retirée.

Après avoir longtemps laissé le président américain agir sans aucun contrôle, Twitter le vise tout particulièrement ces dernières semaines. Snapchat a d’ailleurs annoncé la veille qu’il allait lui aussi commencer à sanctionner les écarts comportementaux de Donald Trump.

Donald Trump, dirigeant le plus suivi sur Twitter

Le président américain Donald Trump est le dirigeant le plus suivi de la planète sur Twitter, devant le pape François et le premier ministre indien Narendra Modi, selon l’étude annuelle « Twiplomacy » du cabinet de conseil Burson Cohn & Wolfe (BCW).

Avec quelque 52 millions d’abonnés à son compte, « Donald Trump est devenu le dirigeant mondial le plus suivi sur Twitter en octobre 2017, lorsqu’il a dépassé le pape François qui est le deuxième dirigeant mondial le plus suivi avec plus de 47 millions d’abonnés à ses comptes en neuf langues », explique l’étude de BCW.

« Le premier ministre indien occupe les troisième et quatrième positions avec 42 millions d’abonnés sur son compte personnel et 26 millions sur son compte institutionnel », poursuit le cabinet BCW.

En Europe, le dirigeant le plus suivi est la premier ministre britannique Theresa May sur le compte institutionnel des services du chef du gouvernement @10DowningStreet (5 millions d’abonnés), suivi par le président français Emmanuel Macron (plus de 3 millions) qui a presque triplé son nombre d’abonnés depuis son élection à la présidence de la République en mai 2017.

Dans les pays arabes, le dirigeant le plus suivi est également une femme, la reine Rania de Jordanie, dont le compte est suivi par plus de 10 millions d’abonnés, devant Cheikh Mohammed ben Rachid Al Maktoum, vice-président et premier ministre des Émirats arabes unis (9 millions), et le roi Salmane d’Arabie Saoudite (6 millions)

Les représentants des gouvernements sud-américains présents sur Twitter y sont « de loin les plus actifs », à l’image du ministre des Affaires étrangères du Venezuela, Jorge Arreaza, qui a posté une moyenne de 55 tweets par jour au cours des 12 derniers mois.

Au total, les chefs d’État et de gouvernement ainsi que les ministres des Affaires étrangères de 187 pays ont une présence sur Twitter, « ce qui représente 97% des 193 pays membres de l’ONU », relève encore BCW.

Les gouvernements de « seulement six pays, à savoir le Laos, la Mauritanie, le Nicaragua, la Corée du Nord, le Swaziland et le Turkménistan n’ont pas de présence officielle sur la plateforme », selon BCW.

Twitter: l’auto-satisfaction de Trump sur sa twitter-mania

Le président américain Donald Trump a défendu dimanche son usage intensif de Twitter. Il a notamment expliqué que les réseaux sociaux lui avaient permis de contourner des médias biaisés dans la course à la Maison Blanche.

« Ils sont bien ciselés. J’ai toujours été bon élève. Je suis quelqu’un qui réussit bien avec ce genre de choses ». Interrogé par Fox New à propos de ses tweets, qui ponctuent désormais la vie politique américaine, depuis l’aube jusqu’aux dernières heures de la soirée, Donald Trump a bercé dans l’autosatisfaction.

Il n’est pas pourtant pas rare que ses messages, qui semblent parfois improvisés, contiennent des erreurs de syntaxe ou des fautes d’orthographe. « Je doute que je puisse être là sans les réseaux sociaux pour être honnête avec vous. Il y a des faux médias par ici (« fake media »). Je suis traité injustement par les médias », a poursuivi le président américain, dans cette interview diffusée dimanche mais enregistrée vendredi. La veille, John Kerry, l’ancien ministre des Affaires étrangères et ancien candidat à la présidentielle en 2004, avait dénoncé cet usage intempestif de Twitter, affirmant que Donald Trump avait créé une atmosphère destructrice de « politique du chaos ».

« J’ai une formidable plateforme, entre Instagram, Twitter et Facebook. Quand quelqu’un dit quelque chose sur moi, je peux m’en occuper. Sans ça, je ne pourrais pas me faire entendre », a encore déclaré Donald Trump, qui tweete souvent dès 06H30 du matin, avant les grandes émissions matinales.

« J’ai des amis qui me disent +Oh, n’utilise pas les réseaux sociaux+. Mais vous voyez, je ne les appelle pas des ‘tweets’. Tweeter c’est comme une machine à écrire. Quand je l’envoie, vous le mettez immédiatement dans votre émission. L’autre jour, j’ai envoyé quelque chose et deux secondes plus tard, je regarde votre émission et on en parle », a encore rappelé Donald Trump, qui compte plus de 40 millions d’abonnés sur son seul compte Twitter personnel.